Le jour où je suis venue (suite)!
C'est ainsi qu'aux alentours de deux heures du matin, papa, maman et moi dans son bidon, sommes partis à l'hôpital de Saint Cloud.
Dans la voiture, maman avait du se mettre à l'arrière, à quatre pattes pour supporter la violence des contractions...
Elle criait sans cesse:
"Je te préviens, on aura pas d'autre enfant!!
Terminé! AAAAAHHHHH! Ça fait trop mal!!!Je te déteste!!!"
Et plein d'autres gros mots que je n'oserais vous répéter!
Arrivés enfin devant la porte du service des urgences, un quart d'heure plus tard, une ultime contraction força maman à s'accroupir. Elle soufflait pour moins souffrir.
Deux femmes arrivèrent en courant avec une chaise roulante.
Maman s'y instala sans plus attendre.
"Ça fait combien de temps qu'elle a des contractions?" Demanda l'infirmière la plus âgée à mon papa.
"Une heure et quart maintenant" lui répondit il, du tac au tac.
Je ne pouvais le voir mais l'imaginais livide...
"C'est son premier?" questionna l'autre.
"Oui!"
"Ah bah ça va! On a le temps, alors!"
Maman redressa la tête, surprise et contrariée à la fois.
Comment ça:
"Ça va alors!?". C'est une plaisanterie ou quoi?
Le ton dédaigneux de l'infirmière semblait insinuer que maman était une petite nature, qui faisait tout un cinéma pour rien du tout.
Papa aussi le ressenti comme cela.
Il jeta un regard noir à cette jeune femme, souhaitant vraiment qu'elle ne soit pas la sage femme qui aiderait maman à accoucher!
Certes, mes parents avaient appris qu'un premier accouchement durait en moyenne de douze à quinze heures, mais de là à faire comme si moi et maman ne souffrions pas des contractions, parce que ce n'était que le tout début du travail...C'était assez blessant!
Heureusement, nous avions d'autres préoccupations que l'opinion déplacée du personnel soignant!
Une nouvelle contraction s'annonça.
Maman gémit.
"On va vous mettre dans une chambre en attendant le bon moment"
"Très bien" dit papa froidement.
Nous avons emprunté le couloir devant nous, jusqu'à ce qu'une nouvelle infirmière, apparemment plus dégourdie, ne nous arrête dans notre élan.
En voyant le visage de ma mère, elle demanda à ses collègues de l'installer dans la salle de travail, bien que les contractions n'aient commencé que peu de temps auparavant...Elle souhaitait l'examiner...
"Au cas où" ajouta t-elle!
Et voici donc, quelques minutes plus tard, maman en chemise de nuit (horrible!), allongée sur le lit, jambes écartées.
La sage femme faillie s'étrangler:
"Mais vous êtes sur le point d'accoucher! Votre col est à sept!"
Enfin un peu d'attention et de reconnaissance...
Merci à toi, gentille sage femme qui fait bien ton travail!
"Bon, il va falloir y aller!" conclut elle.
"Ah bon?" souffla papa
.
"Je voudrais une péridurale s'il vous plaît, madame!" supplia ma maman.
"Heu...Oui...Il faut d'abord qu'on vous fasse une prise de sang et qu'on attende les résultats de l'analyse.
Ensuite, et seulement ensuite,nous verrons pour appeler l'anesthésiste..."
Les minutes qui suivirent furent sans aucun doute les plus longues de la vie de mes parents...
Moi aussi, je m'impatientais. La force avec laquelle j'étais projetée contre le bassin de maman me déplaisait considérablement. Vite, il va vraiment falloir que je sorte de ma mère, à présent...
Papa s'était placé au dessus de son amoureuse et lui parlait doucement à l'oreille.
Il faisait tout pour la rassurer, lui disait que tout allait bien se passer, qu'il était fier d'elle, qu'il l'aimait...
Sa voix m'apaisait, moi aussi...
Deux ou trois femmes en blouses blanches entrèrent dans la pièce.
Les appareils médicaux étaient déjà en place.
Maman avait très mal, et de moins en moins de moments calmes pour récupérer.
La sage femme regarda ma mère et lui dit simplement:
"On va commencer, il va falloir pousser maintenant!"
"Quoi? Maintenant? Mais non, je vous ai dit que je voulais une péridurale!"
Silence gêné!
Maman ne voulait pas comprendre ce que les yeux de la femme semblait vouloir lui dire...
Papa, lui savait!
"Heu...Ma chérie..." tenta-il sans succès.
"Il est hors de question que je pousse. Où est l'anesthésiste? Je veux ma péridurale, c'est tout!"
Elle est têtue ma mère.
La méchante sage femme se rapprocha de son visage, plongea ses yeux dans ceux de ma mère, ruisselante de sueur et lui parla très fort:
"Écoutez ma petite dame, il y a des milliards de femmes qui ont accouché, comme ça, avant vous. Vous n'êtes pas la première et vous ne serez pas la dernière! Si je vous dit qu'il faut pousser, vous poussez et c'est tout!"
Et maman compris la terrible réalité: elle n'aurait pas sa péridurale!
Tout ça parce que, soit disant, elle n'aurait pas le temps d'agir...
Une fois encore, tout de même, elle hurla:
"Je veux ma péridurale!!!!!!!!!!!"
Son cri fit trembler l'hôpital!
Dans la voiture, maman avait du se mettre à l'arrière, à quatre pattes pour supporter la violence des contractions...
Elle criait sans cesse:
"Je te préviens, on aura pas d'autre enfant!!
Terminé! AAAAAHHHHH! Ça fait trop mal!!!Je te déteste!!!"
Et plein d'autres gros mots que je n'oserais vous répéter!
Arrivés enfin devant la porte du service des urgences, un quart d'heure plus tard, une ultime contraction força maman à s'accroupir. Elle soufflait pour moins souffrir.
Deux femmes arrivèrent en courant avec une chaise roulante.
Maman s'y instala sans plus attendre.
"Ça fait combien de temps qu'elle a des contractions?" Demanda l'infirmière la plus âgée à mon papa.
"Une heure et quart maintenant" lui répondit il, du tac au tac.
Je ne pouvais le voir mais l'imaginais livide...
"C'est son premier?" questionna l'autre.
"Oui!"
"Ah bah ça va! On a le temps, alors!"
Maman redressa la tête, surprise et contrariée à la fois.
Comment ça:
"Ça va alors!?". C'est une plaisanterie ou quoi?
Le ton dédaigneux de l'infirmière semblait insinuer que maman était une petite nature, qui faisait tout un cinéma pour rien du tout.
Papa aussi le ressenti comme cela.
Il jeta un regard noir à cette jeune femme, souhaitant vraiment qu'elle ne soit pas la sage femme qui aiderait maman à accoucher!
Certes, mes parents avaient appris qu'un premier accouchement durait en moyenne de douze à quinze heures, mais de là à faire comme si moi et maman ne souffrions pas des contractions, parce que ce n'était que le tout début du travail...C'était assez blessant!
Heureusement, nous avions d'autres préoccupations que l'opinion déplacée du personnel soignant!
Une nouvelle contraction s'annonça.
Maman gémit.
"On va vous mettre dans une chambre en attendant le bon moment"
"Très bien" dit papa froidement.
Nous avons emprunté le couloir devant nous, jusqu'à ce qu'une nouvelle infirmière, apparemment plus dégourdie, ne nous arrête dans notre élan.
En voyant le visage de ma mère, elle demanda à ses collègues de l'installer dans la salle de travail, bien que les contractions n'aient commencé que peu de temps auparavant...Elle souhaitait l'examiner...
"Au cas où" ajouta t-elle!
Et voici donc, quelques minutes plus tard, maman en chemise de nuit (horrible!), allongée sur le lit, jambes écartées.
La sage femme faillie s'étrangler:
"Mais vous êtes sur le point d'accoucher! Votre col est à sept!"
Enfin un peu d'attention et de reconnaissance...
Merci à toi, gentille sage femme qui fait bien ton travail!
"Bon, il va falloir y aller!" conclut elle.
"Ah bon?" souffla papa
.
"Je voudrais une péridurale s'il vous plaît, madame!" supplia ma maman.
"Heu...Oui...Il faut d'abord qu'on vous fasse une prise de sang et qu'on attende les résultats de l'analyse.
Ensuite, et seulement ensuite,nous verrons pour appeler l'anesthésiste..."
Les minutes qui suivirent furent sans aucun doute les plus longues de la vie de mes parents...
Moi aussi, je m'impatientais. La force avec laquelle j'étais projetée contre le bassin de maman me déplaisait considérablement. Vite, il va vraiment falloir que je sorte de ma mère, à présent...
Papa s'était placé au dessus de son amoureuse et lui parlait doucement à l'oreille.
Il faisait tout pour la rassurer, lui disait que tout allait bien se passer, qu'il était fier d'elle, qu'il l'aimait...
Sa voix m'apaisait, moi aussi...
Deux ou trois femmes en blouses blanches entrèrent dans la pièce.
Les appareils médicaux étaient déjà en place.
Maman avait très mal, et de moins en moins de moments calmes pour récupérer.
La sage femme regarda ma mère et lui dit simplement:
"On va commencer, il va falloir pousser maintenant!"
"Quoi? Maintenant? Mais non, je vous ai dit que je voulais une péridurale!"
Silence gêné!
Maman ne voulait pas comprendre ce que les yeux de la femme semblait vouloir lui dire...
Papa, lui savait!
"Heu...Ma chérie..." tenta-il sans succès.
"Il est hors de question que je pousse. Où est l'anesthésiste? Je veux ma péridurale, c'est tout!"
Elle est têtue ma mère.
La méchante sage femme se rapprocha de son visage, plongea ses yeux dans ceux de ma mère, ruisselante de sueur et lui parla très fort:
"Écoutez ma petite dame, il y a des milliards de femmes qui ont accouché, comme ça, avant vous. Vous n'êtes pas la première et vous ne serez pas la dernière! Si je vous dit qu'il faut pousser, vous poussez et c'est tout!"
Et maman compris la terrible réalité: elle n'aurait pas sa péridurale!
Tout ça parce que, soit disant, elle n'aurait pas le temps d'agir...
Une fois encore, tout de même, elle hurla:
"Je veux ma péridurale!!!!!!!!!!!"
Son cri fit trembler l'hôpital!
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