Au bal!
Je n'ai pas eu le temps de vous parler de mon premier bal!
C'est pourtant très important dans la vie d'une fille...
C'était le soir du 14 juillet, un jour un peu particulier, il semblerait, puisque tout et tout le monde est en effervescence...
Dans notre village par exemple, un apéro (ça veut dire un regroupement de personnes qui boivent pas mal de jus de fruits et de trucs que je ne peux pas goûter!) était organisé dans la cour de ma future école...
Maman et moi y sommes allées ensemble, après avoir bien sur passé une petite robe pour être très jolies...
Maman en noir et moi en blanc...
Papa n'a pas voulu venir avec nous.
"Non, merci, allez y sans moi, je suis sur qu'il n'y aura que des vieux!" a t-il dit.
Alors nous sommes parties, entre filles, maman et moi dans ma poussette, pour une nouvelle aventure.
Cinq minutes plus tard, nous faisions notre entrée dans la cour (des grands).
Se tenaient là autour des tables dressées, des enfants, des mamies, des papas et des mamans, des verres à la main et d'étranges petites tartes dans la bouche...
Bien que nous ne reconnaissions aucun visage ami, nous affichions un sourire conquérant, ma mère et moi!
Elle me posa par terre et nous fîmes un premier tour de la cour.
Puis nous nous sommes intéressées à ce qu'il y avait sur les tables.
Maman me tendit un long morceau de carotte et se servit un premier verre de je ne sais pas quoi.
J'ai voulu en avoir, mais il semblerait que je n'ai pas le droit de boire le même breuvage qu'elle...
Elle m'offrit un verre rien que pour moi.
J'adore le jus d'orange!
Ça fait tout drôle sur la langue, et ça fait cligner des yeux...
Je mâchouillais mon bout de carotte en observant les petites filles qui courraient entre les jambes des adultes lorsqu'un grand monsieur boursouflé se dirigea droit vers nous!
Sa tête me disait quelque chose, mais il ne m'inspirait pas confiance pour autant...
Ses grands yeux globuleux me faisaient particulièrement peur et je me rappelais soudain qu'il sentait assez mauvais.
Ou plutôt, une odeur particulière!
Il était déjà venu chez moi pour parler voitures avec papa!
Immédiatement, je me retournais vers maman, me collais la tête contre ses jambes et pleurais bruyamment!
Je ne la remercierai jamais assez de n'avoir pas réfléchit et de m'avoir prit tout de suite dans ses bras!
"Oh, Claire, comment vas tu?" hurla t-il littéralement.
J'enfouis mon visage dans le cou de ma maman, pleurant de plus belle.
Je ne l'aime pas, je ne l'aime pas!
Je ne vais pas lui faire des sourires, quand même!?
"Du calme ma chérie, c'est Bernard, tu le connais, Bernard!"
Oui, et alors?
Il me fais peur Bernard, maman!
Il a essayé de capter l'attention de maman pendant plusieurs minutes.
Mais je crois que maman, bien qu'elle soit plus polie que moi, n'est pas très à l'aise en présence de cet homme, elle aussi...
Elle a donc trouver un prétexte pour qu'on aille voir ailleurs...
J'acceptais volontiers qu'elle me repose et de marcher, comme une grande, à ses cotés.
Je m'apercevais alors que des groupes s'étaient formés, ça et là:
Il y avait le groupe des mangeurs fous, le groupe des assoiffés (ce n'était pas les mêmes tables!), le groupe des mamies, en enfilade sur des chaises le long du mur, qui regardaient les plus jeunes d'un oeil avide, le groupe des pompiers, venus heureusement sans leur appareil à faire du bruit ("la sirène" que ça s'appelle!), et le plus génial de tous, le groupe des enfants!
J'attrapais la main de maman et la tirait fortement derrière moi, plus décidée que jamais à faire la connaissance de mes semblables...
Les petites filles étaient si belles!
J'en choisit une qui me plaisait particulièrement et fondis sur elle!
"Cahin, cahin!"
Je saisissais sa taille à pleines mains et ne la lâchais plus!
Elle fut surprise, je crois, et se tourna, interloquée vers ma mère.
"Elle adore les enfants!" lui sourit ma mère, pour m'excuser...
Je caressais ensuite son joli haut, sur lequel trônaient de majestueux lapins.
Oui, les lapins peuvent trôner et êtres majestueux!
Ceux là, en tout cas!
"Elle trouve que tu as de jolis vêtements" expliqua maman.
La petite fille sourit, puis m'échappa!
"Viens ma chérie, je vais me resservir un verre"
Je suivis maman, un peu penaude.
Elle vit une dame que nous avions déjà rencontré chez ma future maîtresse, Florence (je l'adore, il faudra que je vous en reparle!) et son amoureux, Jean-Francois (lui aussi est très rigolo: il essaye de me faire les gros yeux pour me faire peur mais ne parvient qu'à me faire beaucoup rire!)...
Maman discuta avec elle...
Je la laissais faire, m'occupant de la feuille de salade qui avait remplacé ma carotte...
La suite de la soirée fut fabuleuse!
En effet, tout était prévu pour qu'on s'amuse: il y eut de la musique, assez fort, et des gens commencèrent à danser...
Me connaissant, vous vous doutez de la joie qui fut mienne de pouvoir participer!
Je dansais parmi les grands, osant même traîner maman au milieu de la ronde qui s'était crée pour montrer à tous mes talents...
Les fesses d'un coté, puis de l'autre, des ronds avec les mains, à l'orientale a dit quelqu'un, la tête en avant puis en arrière....Les jambes bien fléchies pour garder l'équilibre...
J'ai fait sensation et j'ai ressenti l'immense plaisir d'être applaudit de ces personnes que je ne connaissais même pas!
(Je dois tenir de maman pour ce qui est de ce plaisir d'être regardé et applaudit!).
Je dansais ainsi très longtemps...
Presque jusqu'à l'épuisement...
Quand maman s'en aperçue, elle me força à m'arrêter et à m'as-soir un instant sur les marches, à l'entrée de la cour...
Je ne regrettais pas de m'être exécuté sagement car un troupeau de petites filles nous y rejoint!
Elles étaient plus grandes que moi, mais je m'en moquais bien, j'étais ravie!
Elle posèrent plein de questions à maman: Comment je m'appelais, quel âge j'avais, quels mots je savais dire...
Il y en avait une assise à coté de moi à droite, et une autre tout de suite à gauche...Plus deux en face, encadrant maman...
Elles me souriaient, me caressaient la tête, me montraient des tas de choses magiques comme le vernis à ongle rose sur leurs doigts de pieds...
Je me souviens aussi qu'elles ont dit à maman que j'étais très jolie!
On est retournées danser toutes ensemble...
J'étais aux anges: j'avais enfin des copines!!!
Je ne me rappelle plus trop que maman m'ai mise dans ma poussette, ni du chemin du retour...
Je sais que j'ai bu mon biberon sans y faire attention, et que jusqu'à mon lit, jusqu'au sommeil, je n'avais qu'une pensée:
j'ai des copines et elles me trouvent très jolie!
Quel bonheur!
C'est pourtant très important dans la vie d'une fille...
C'était le soir du 14 juillet, un jour un peu particulier, il semblerait, puisque tout et tout le monde est en effervescence...
Dans notre village par exemple, un apéro (ça veut dire un regroupement de personnes qui boivent pas mal de jus de fruits et de trucs que je ne peux pas goûter!) était organisé dans la cour de ma future école...
Maman et moi y sommes allées ensemble, après avoir bien sur passé une petite robe pour être très jolies...
Maman en noir et moi en blanc...
Papa n'a pas voulu venir avec nous.
"Non, merci, allez y sans moi, je suis sur qu'il n'y aura que des vieux!" a t-il dit.
Alors nous sommes parties, entre filles, maman et moi dans ma poussette, pour une nouvelle aventure.
Cinq minutes plus tard, nous faisions notre entrée dans la cour (des grands).
Se tenaient là autour des tables dressées, des enfants, des mamies, des papas et des mamans, des verres à la main et d'étranges petites tartes dans la bouche...
Bien que nous ne reconnaissions aucun visage ami, nous affichions un sourire conquérant, ma mère et moi!
Elle me posa par terre et nous fîmes un premier tour de la cour.
Puis nous nous sommes intéressées à ce qu'il y avait sur les tables.
Maman me tendit un long morceau de carotte et se servit un premier verre de je ne sais pas quoi.
J'ai voulu en avoir, mais il semblerait que je n'ai pas le droit de boire le même breuvage qu'elle...
Elle m'offrit un verre rien que pour moi.
J'adore le jus d'orange!
Ça fait tout drôle sur la langue, et ça fait cligner des yeux...
Je mâchouillais mon bout de carotte en observant les petites filles qui courraient entre les jambes des adultes lorsqu'un grand monsieur boursouflé se dirigea droit vers nous!
Sa tête me disait quelque chose, mais il ne m'inspirait pas confiance pour autant...
Ses grands yeux globuleux me faisaient particulièrement peur et je me rappelais soudain qu'il sentait assez mauvais.
Ou plutôt, une odeur particulière!
Il était déjà venu chez moi pour parler voitures avec papa!
Immédiatement, je me retournais vers maman, me collais la tête contre ses jambes et pleurais bruyamment!
Je ne la remercierai jamais assez de n'avoir pas réfléchit et de m'avoir prit tout de suite dans ses bras!
"Oh, Claire, comment vas tu?" hurla t-il littéralement.
J'enfouis mon visage dans le cou de ma maman, pleurant de plus belle.
Je ne l'aime pas, je ne l'aime pas!
Je ne vais pas lui faire des sourires, quand même!?
"Du calme ma chérie, c'est Bernard, tu le connais, Bernard!"
Oui, et alors?
Il me fais peur Bernard, maman!
Il a essayé de capter l'attention de maman pendant plusieurs minutes.
Mais je crois que maman, bien qu'elle soit plus polie que moi, n'est pas très à l'aise en présence de cet homme, elle aussi...
Elle a donc trouver un prétexte pour qu'on aille voir ailleurs...
J'acceptais volontiers qu'elle me repose et de marcher, comme une grande, à ses cotés.
Je m'apercevais alors que des groupes s'étaient formés, ça et là:
Il y avait le groupe des mangeurs fous, le groupe des assoiffés (ce n'était pas les mêmes tables!), le groupe des mamies, en enfilade sur des chaises le long du mur, qui regardaient les plus jeunes d'un oeil avide, le groupe des pompiers, venus heureusement sans leur appareil à faire du bruit ("la sirène" que ça s'appelle!), et le plus génial de tous, le groupe des enfants!
J'attrapais la main de maman et la tirait fortement derrière moi, plus décidée que jamais à faire la connaissance de mes semblables...
Les petites filles étaient si belles!
J'en choisit une qui me plaisait particulièrement et fondis sur elle!
"Cahin, cahin!"
Je saisissais sa taille à pleines mains et ne la lâchais plus!
Elle fut surprise, je crois, et se tourna, interloquée vers ma mère.
"Elle adore les enfants!" lui sourit ma mère, pour m'excuser...
Je caressais ensuite son joli haut, sur lequel trônaient de majestueux lapins.
Oui, les lapins peuvent trôner et êtres majestueux!
Ceux là, en tout cas!
"Elle trouve que tu as de jolis vêtements" expliqua maman.
La petite fille sourit, puis m'échappa!
"Viens ma chérie, je vais me resservir un verre"
Je suivis maman, un peu penaude.
Elle vit une dame que nous avions déjà rencontré chez ma future maîtresse, Florence (je l'adore, il faudra que je vous en reparle!) et son amoureux, Jean-Francois (lui aussi est très rigolo: il essaye de me faire les gros yeux pour me faire peur mais ne parvient qu'à me faire beaucoup rire!)...
Maman discuta avec elle...
Je la laissais faire, m'occupant de la feuille de salade qui avait remplacé ma carotte...
La suite de la soirée fut fabuleuse!
En effet, tout était prévu pour qu'on s'amuse: il y eut de la musique, assez fort, et des gens commencèrent à danser...
Me connaissant, vous vous doutez de la joie qui fut mienne de pouvoir participer!
Je dansais parmi les grands, osant même traîner maman au milieu de la ronde qui s'était crée pour montrer à tous mes talents...
Les fesses d'un coté, puis de l'autre, des ronds avec les mains, à l'orientale a dit quelqu'un, la tête en avant puis en arrière....Les jambes bien fléchies pour garder l'équilibre...
J'ai fait sensation et j'ai ressenti l'immense plaisir d'être applaudit de ces personnes que je ne connaissais même pas!
(Je dois tenir de maman pour ce qui est de ce plaisir d'être regardé et applaudit!).
Je dansais ainsi très longtemps...
Presque jusqu'à l'épuisement...
Quand maman s'en aperçue, elle me força à m'arrêter et à m'as-soir un instant sur les marches, à l'entrée de la cour...
Je ne regrettais pas de m'être exécuté sagement car un troupeau de petites filles nous y rejoint!
Elles étaient plus grandes que moi, mais je m'en moquais bien, j'étais ravie!
Elle posèrent plein de questions à maman: Comment je m'appelais, quel âge j'avais, quels mots je savais dire...
Il y en avait une assise à coté de moi à droite, et une autre tout de suite à gauche...Plus deux en face, encadrant maman...
Elles me souriaient, me caressaient la tête, me montraient des tas de choses magiques comme le vernis à ongle rose sur leurs doigts de pieds...
Je me souviens aussi qu'elles ont dit à maman que j'étais très jolie!
On est retournées danser toutes ensemble...
J'étais aux anges: j'avais enfin des copines!!!
Je ne me rappelle plus trop que maman m'ai mise dans ma poussette, ni du chemin du retour...
Je sais que j'ai bu mon biberon sans y faire attention, et que jusqu'à mon lit, jusqu'au sommeil, je n'avais qu'une pensée:
j'ai des copines et elles me trouvent très jolie!
Quel bonheur!
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