Marchande de sommeil, on ne se laisse pas faire...
Mon papi numéro 1 (le premier amoureux de ma mamie et papa de maman) va bientôt venir habiter près de chez moi...
Je suis contente parce que même si je le connais peu, je le trouve très rigolo au téléphone...
Pour l'instant, il vit à Paris, mais il en a marre de ne pas avoir de soleil...
Alors ma maman et mon papa vont essayer de lui trouver une petite maison dans le coin.
Peut être une maison de mon ami "ours brun"...
Maman et papa vivaient aussi à Paris, avant.
Maman avait tout de la jeune Parisienne. Les chaussures, les vêtements, le scooter...
Elle sortait pas mal avec ses copines pour aller danser, ou boire un verre.
En fait, elle y vivait surtout parce qu'elle voulait être comédienne et que c'est un métier qu'on ne peut faire que dans cette ville, si j'ai bien compris.
Moi, je suis née à coté, en "banlieue" comme ça s'appelle.
Maman ne voulait pas m'élever là-bas parce qu'apparemment les gens font la tête tout le temps et il pleut, en plus....
Du coup, depuis que je suis née, nous avons déménagé deux fois.
La première fois, j'avais quatre mois:
On s'est installés à la fin de l'été dans un tout petit appartement près de Toulouse.
Mes parents n'étaient pas contents du tout parce que la propriétaire du studio était très méchante.
Elle avait dit à ma mère,qui l'avait contacté pour réserver l'appartement, que celui ci faisait 47m2...
Pour 485 euros par mois, papa trouvait cela à peu près acceptable...
Disons que c'était déjà moins cher que Paris et ses environs.
Alors maman a envoyé le chèque de caution par la poste, pour pouvoir emménager à coup sûr.
Mon père était au chômage et maman, en congé parental (elle ne se voyait pas, elle, nourrice, me mettre chez une nourrice!), d'où l'importance d'avoir la certitude que ce logement leur serait réservé...
De plus, les parents de papa nous avaient ordonné de quitter la maison familiale que nous occupions depuis mon arrivée.
Papa s'est disputé très fort avec eux, alors, ils ont dit qu'ils vendraient cette maison et qu'on avait qu'à se débrouiller tout seul.
Nous voulions partir dans le sud de toute façon.
Ils ont juste rendu la situation plus urgente.
Lorsque papa est allé signé le bail, après une nuit sur la route avec l'espace surchargé, la "caravane pliante remorque" remplie de tout ce que nous possédions derrière, les difficultés ont commencé...
La propriétaire le réveilla en frappant à la porte de nos amis Cyril et Lulu (qui lui louaient le même type de logement depuis leur départ de Paris, six mois auparavant) deux heures plus tôt que ce qui était convenu.
Papa fit donc l'état des lieux pieds nus et en caleçon, cheveux ébouriffés et barbe naissante...
Elle n'avait que dix minutes à lui consacrer, alors elle lui dit simplement:
"Écoutez, je vous laisse l'état des lieux. Vous pourrez y noter les problèmes que vous constaterez à l'usure, renvoyez le moi plus tard, avec les documents de votre garant."
Papa accepta, heureux d'avoir les clefs de notre premier "chez nous".
Le soir même, il reprenait la route pour Paris, après avoir le plus rapidement possible déchargé nos affaires.
Maman et moi l'attendions impatiemment à la maison.
Il ne m'avait encore jamais quitté plus de deux heures depuis mon arrivée de la maternité.
Nous lui manquions énormément.
Il nous manquait tout autant!
Nous avons donc prit possession de notre nouveau logement quelques semaines plus tard...
Le temps de regrouper les dernières affaires pour libérer notre ancienne maison...
Maman et moi sommes parties en train.
C'était si intéressant que je n'ai pas dormi une minute en six heures.
Les passagers m'admiraient, me trouvaient si sage qu'ils ne pouvaient s'empêcher de complimenter maman...
"Pas comme le petit garçon de cinq ans qui hurla tout le long du voyage!"
Papa reprit la route, encore plus chargé que la fois précédente...
Nous sommes arrivées quelques heures avant lui et avons découvert l'appartement.
Heureusement, un grand soleil nous accueillît!
Car pour ce qui est du studio, maman se rendit compte qu'il n'était pas seulement très petit.
La mezzanine sous les toits qui devait nous servir de chambre, était en "aggloméré" si fin, qu'elle grinçait de partout.
Maman me coucha sur le matelas de fortune prévu à cet effet, m'endormit et me réveilla aussitôt en tentant un déplacement simple.
Elle dut se résoudre à rester allongée près de moi, sachant que le moindre mouvement faisait un bruit supérieur à celui du train que nous avions pris...
Nous avons vécu cinq mois dans cette aberration.
D'autres dysfonctionnements sont évidemment apparus:
La dalle d'aggloméré qui s'affaissait déjà à notre arrivée tomba progressivement jusqu'à ce que nous ayons un énorme trou dans le sol de notre chambre commune.
Je ne pût jamais jouer à l'étage!
La seule fenêtre ne ferma plus.
Le radiateur sous elle, tomba un jour du mur, dans un grand boum qui m'effraya.
Maman remarqua aussi qu'il était en court circuit puisque plusieurs fois, elle s'électrocuta légèrement à son contact. Nous n'avions aucun radiateur à l'étage et l'isolation était inexistante. Bonjour le froid de l'automne!
La porte ne fermait qu'à un tour.
Papa découvrit rapidement une fuite du lavabo...
L'escalier (qui était en réalité une échelle de meunier!) n'était pas fixé au mur et la rambarde branlante interdisait toute aide à mes parents lorsqu'ils me montaient pour dormir...
Quand aux parties communes, elles étaient entretenues par les locataires eux même!
Personne n'avait voulu aller jusqu'à l'achat d'une ampoule de remplacement pour le couloir...

La propriétaire avait promis à papa de faire réparer la dalle affaissée et dangereuse dès septembre...
Trois mois après, et malgré de nombreuses relances polies, elle n'en fit rien!
Maman réalisa alors qu'ajouter ces éléments sur son état des lieux ne servirait à rien, puisque ce n'était que son exemplaire...
Ça n'aurait aucune valeur juridique, celui de la propriétaire étant vierge et signé par papa!
Pauvre papa!
Il culpabilisa davantage de sa méconnaissance dans le domaine de la location (si c'est possible) lorsqu'il prit soin de mesurer l'appartement!
Il ne faisait absolument pas 47 m2!
En réalité, il faisait 29 m2 au sol, en comptant, bien sur, la mezzanine.
C'est à dire 25 m2 habitable à cause de la sous pente!
Mes parents soupçonnaient bien que l'appartement soit plus petit que ce qu'on leur avait promis, mais pas à ce point là! Ils comprenaient mieux pourquoi tant de cartons n'avaient pu être déballés faute de place....
Il en était de même pour l'appartement de Cyril et Lulu, juste en face du notre!
La méchante Madame L. profitait visiblement de la précarité de ses locataires , et de leur impossibilité géographique de visiter le logement avant de signer le bail.
Bien organisée, elle ne spécifiait pas le nombre de m2 de ses logements sur les documents officiels.
Pourtant nos amis avaient répondu à une annonce sur laquelle ils avaient pu lire: 45m2!
Maman était FURIEUSE!!
Papa dépité!
"Non mais si elle croit qu'on va se laisser faire comme ça, elle rêve!
C'est dégueulasse!
Je lui ai dit au téléphone qu'on avait un bébé...
L'appart est dangereux et en plus elle se fout de notre gueule..."
"Elle a tout l'immeuble, tu imagines l'escroquerie?!
La différence de m2 multipliée par...4x1, 2, 3...Putain, elle a au moins 25 appartements rien que dans cette rue!"
lui répondit papa...
"Nous on a été honnêtes, moi j'ai toujours eu de bons rapports avec mes proprios, j'ai toujours payé mes loyers...
Il est hors de question qu'elle s'en tire comme ça, parce qu'on a peur ou qu'on sait pas quoi faire..
Je m'en fous mais ça ne se passera pas comme ça!" dit maman, de plus en plus en colère.
"C'est une marchande de sommeil, cette femme!"
Papa, Cyril et Lulu acquiescèrent...
Ils ne savaient pas encore quelle serait la contre attaque, mais il semblait évident qu'ils contre-attaqueraient!
Moi, je n'aurais pas aimé être à la place de Mme L...
Je suis contente parce que même si je le connais peu, je le trouve très rigolo au téléphone...
Pour l'instant, il vit à Paris, mais il en a marre de ne pas avoir de soleil...
Alors ma maman et mon papa vont essayer de lui trouver une petite maison dans le coin.
Peut être une maison de mon ami "ours brun"...
Maman et papa vivaient aussi à Paris, avant.
Maman avait tout de la jeune Parisienne. Les chaussures, les vêtements, le scooter...
Elle sortait pas mal avec ses copines pour aller danser, ou boire un verre.
En fait, elle y vivait surtout parce qu'elle voulait être comédienne et que c'est un métier qu'on ne peut faire que dans cette ville, si j'ai bien compris.
Moi, je suis née à coté, en "banlieue" comme ça s'appelle.
Maman ne voulait pas m'élever là-bas parce qu'apparemment les gens font la tête tout le temps et il pleut, en plus....
Du coup, depuis que je suis née, nous avons déménagé deux fois.
La première fois, j'avais quatre mois:
On s'est installés à la fin de l'été dans un tout petit appartement près de Toulouse.
Mes parents n'étaient pas contents du tout parce que la propriétaire du studio était très méchante.
Elle avait dit à ma mère,qui l'avait contacté pour réserver l'appartement, que celui ci faisait 47m2...
Pour 485 euros par mois, papa trouvait cela à peu près acceptable...
Disons que c'était déjà moins cher que Paris et ses environs.
Alors maman a envoyé le chèque de caution par la poste, pour pouvoir emménager à coup sûr.
Mon père était au chômage et maman, en congé parental (elle ne se voyait pas, elle, nourrice, me mettre chez une nourrice!), d'où l'importance d'avoir la certitude que ce logement leur serait réservé...
De plus, les parents de papa nous avaient ordonné de quitter la maison familiale que nous occupions depuis mon arrivée.
Papa s'est disputé très fort avec eux, alors, ils ont dit qu'ils vendraient cette maison et qu'on avait qu'à se débrouiller tout seul.
Nous voulions partir dans le sud de toute façon.
Ils ont juste rendu la situation plus urgente.
Lorsque papa est allé signé le bail, après une nuit sur la route avec l'espace surchargé, la "caravane pliante remorque" remplie de tout ce que nous possédions derrière, les difficultés ont commencé...
La propriétaire le réveilla en frappant à la porte de nos amis Cyril et Lulu (qui lui louaient le même type de logement depuis leur départ de Paris, six mois auparavant) deux heures plus tôt que ce qui était convenu.
Papa fit donc l'état des lieux pieds nus et en caleçon, cheveux ébouriffés et barbe naissante...
Elle n'avait que dix minutes à lui consacrer, alors elle lui dit simplement:
"Écoutez, je vous laisse l'état des lieux. Vous pourrez y noter les problèmes que vous constaterez à l'usure, renvoyez le moi plus tard, avec les documents de votre garant."
Papa accepta, heureux d'avoir les clefs de notre premier "chez nous".
Le soir même, il reprenait la route pour Paris, après avoir le plus rapidement possible déchargé nos affaires.
Maman et moi l'attendions impatiemment à la maison.
Il ne m'avait encore jamais quitté plus de deux heures depuis mon arrivée de la maternité.
Nous lui manquions énormément.
Il nous manquait tout autant!
Nous avons donc prit possession de notre nouveau logement quelques semaines plus tard...
Le temps de regrouper les dernières affaires pour libérer notre ancienne maison...
Maman et moi sommes parties en train.
C'était si intéressant que je n'ai pas dormi une minute en six heures.
Les passagers m'admiraient, me trouvaient si sage qu'ils ne pouvaient s'empêcher de complimenter maman...
"Pas comme le petit garçon de cinq ans qui hurla tout le long du voyage!"
Papa reprit la route, encore plus chargé que la fois précédente...
Nous sommes arrivées quelques heures avant lui et avons découvert l'appartement.
Heureusement, un grand soleil nous accueillît!
Car pour ce qui est du studio, maman se rendit compte qu'il n'était pas seulement très petit.
La mezzanine sous les toits qui devait nous servir de chambre, était en "aggloméré" si fin, qu'elle grinçait de partout.
Maman me coucha sur le matelas de fortune prévu à cet effet, m'endormit et me réveilla aussitôt en tentant un déplacement simple.
Elle dut se résoudre à rester allongée près de moi, sachant que le moindre mouvement faisait un bruit supérieur à celui du train que nous avions pris...
Nous avons vécu cinq mois dans cette aberration.
D'autres dysfonctionnements sont évidemment apparus:
La dalle d'aggloméré qui s'affaissait déjà à notre arrivée tomba progressivement jusqu'à ce que nous ayons un énorme trou dans le sol de notre chambre commune.
Je ne pût jamais jouer à l'étage!
La seule fenêtre ne ferma plus.
Le radiateur sous elle, tomba un jour du mur, dans un grand boum qui m'effraya.
Maman remarqua aussi qu'il était en court circuit puisque plusieurs fois, elle s'électrocuta légèrement à son contact. Nous n'avions aucun radiateur à l'étage et l'isolation était inexistante. Bonjour le froid de l'automne!
La porte ne fermait qu'à un tour.
Papa découvrit rapidement une fuite du lavabo...
L'escalier (qui était en réalité une échelle de meunier!) n'était pas fixé au mur et la rambarde branlante interdisait toute aide à mes parents lorsqu'ils me montaient pour dormir...
Quand aux parties communes, elles étaient entretenues par les locataires eux même!
Personne n'avait voulu aller jusqu'à l'achat d'une ampoule de remplacement pour le couloir...

La propriétaire avait promis à papa de faire réparer la dalle affaissée et dangereuse dès septembre...
Trois mois après, et malgré de nombreuses relances polies, elle n'en fit rien!
Maman réalisa alors qu'ajouter ces éléments sur son état des lieux ne servirait à rien, puisque ce n'était que son exemplaire...
Ça n'aurait aucune valeur juridique, celui de la propriétaire étant vierge et signé par papa!
Pauvre papa!
Il culpabilisa davantage de sa méconnaissance dans le domaine de la location (si c'est possible) lorsqu'il prit soin de mesurer l'appartement!
Il ne faisait absolument pas 47 m2!
En réalité, il faisait 29 m2 au sol, en comptant, bien sur, la mezzanine.
C'est à dire 25 m2 habitable à cause de la sous pente!
Mes parents soupçonnaient bien que l'appartement soit plus petit que ce qu'on leur avait promis, mais pas à ce point là! Ils comprenaient mieux pourquoi tant de cartons n'avaient pu être déballés faute de place....
Il en était de même pour l'appartement de Cyril et Lulu, juste en face du notre!
La méchante Madame L. profitait visiblement de la précarité de ses locataires , et de leur impossibilité géographique de visiter le logement avant de signer le bail.
Bien organisée, elle ne spécifiait pas le nombre de m2 de ses logements sur les documents officiels.
Pourtant nos amis avaient répondu à une annonce sur laquelle ils avaient pu lire: 45m2!
Maman était FURIEUSE!!
Papa dépité!
"Non mais si elle croit qu'on va se laisser faire comme ça, elle rêve!
C'est dégueulasse!
Je lui ai dit au téléphone qu'on avait un bébé...
L'appart est dangereux et en plus elle se fout de notre gueule..."
"Elle a tout l'immeuble, tu imagines l'escroquerie?!
La différence de m2 multipliée par...4x1, 2, 3...Putain, elle a au moins 25 appartements rien que dans cette rue!"
lui répondit papa...
"Nous on a été honnêtes, moi j'ai toujours eu de bons rapports avec mes proprios, j'ai toujours payé mes loyers...
Il est hors de question qu'elle s'en tire comme ça, parce qu'on a peur ou qu'on sait pas quoi faire..
Je m'en fous mais ça ne se passera pas comme ça!" dit maman, de plus en plus en colère.
"C'est une marchande de sommeil, cette femme!"
Papa, Cyril et Lulu acquiescèrent...
Ils ne savaient pas encore quelle serait la contre attaque, mais il semblait évident qu'ils contre-attaqueraient!
Moi, je n'aurais pas aimé être à la place de Mme L...
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